La Quincyte


échantillon de Quincyte Quincyte

Notre village a donné son nom à un pseudo minéral rarissime : la Quincyte.

Il s’agit d’une variété ornementale semblable à une opale rose, à peine translucide, et plus ou moins veinée de couleur rose vif.

C’est en 1812 qu’un minéralogiste, Monsieur Berthier, découvre entre Mehun-sur-Yèvre et Quincy, un calcaire blanc, grenu, terreux comme de la craie, renfermant du silex. Il remarque alors que ce calcaire contient une substance rose qui s’y trouve disséminée irrégulièrement par tâches et veinules et qui pénètre jusque dans le silex. Il note alors dans ses carnets :

« Cette substance est rare et je ne pus m’en procurer que de petits échantillons. » Il fait connaître sa découverte à d’autres minéralogistes et leur demande de lui rapporter d’autres échantillons. Mais ces derniers ne lui en remettent que des morceaux insignifiants… et il écrit avec amertume « J’apprends qu’ils en ont distribué la plus grande partie à des marchands…. »

L’appât de l’argent passait avant celui de la découverte !

Monsieur Berthier procède cependant à l’analyse des quelques morceaux en sa possession et publie en 1825 le résultat de ses travaux. Il réussit à isoler plus ou moins bien cette substance en remarquant que le calcaire n’en contient que 0,02 à 0,03% et il en conclut qu’il s’agit d’un « combustible végétal ». Il juge qu’elle mérite de recevoir un nom particulier et la désigne par « Quincyte », du lieu où elle a été trouvée.

La très belle coloration de la « Quincyte » a suscité plus tard d’autres recherches d’explication plus poussées. Mais cette couleur rose carmin, si remarquable, est due à plusieurs colorants d’origine végétale très difficiles à identifier individuellement. Le « mystère » de la Quincyte n’est pas encore complètement élucidé, pas plus que l’identification complète des acides organiques colorants probablement d’origine végétale qui entrent dans sa composition ; certains prétendent même qu’il s’agit d’un colorant organique du sang d’un petit crustacé !

Il n’existe pas de « filon » continu de Quincyte car les gisements sont très épars mais des affleurements apparaissent parfois dans d’anciennes carrières. La Quincyte n’existe, en tout cas, à l’échelle mondiale que dans ce gisement !

Tous les plus grands musées minéralogiques du monde possèdent cette variété qui a l’apparence d’une opale. Elle est rare et précieuse pour les amateurs de beaux minéraux et les plus belles pièces sont très recherchées pour la bijouterie.